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Internes en médecine
Groupe SSH 7

Pourquoi les internes en médecine hésitent-ils à demander de l'aide psychologique ?

Malgré une exposition élevée au stress, de nombreux internes en médecine ne sollicitent pas de soutien psychologique. Explorons les raisons de cette réticence et les pistes d'amélioration.

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Un mal-être répandu mais silencieux

Les études révèlent une prévalence alarmante de troubles psychologiques chez les internes en médecine, pourtant la majorité ne demande pas d'aide.

60%des étudiants en médecine présentent des diagnostics de troubles de santé mentale en augmentation constanteOswalt SB, Lederer AM, Chestnut-Steich K, Day C, Halbritter A, Ortiz D. Trends in college students' mental health diagnoses and utilization of services, 2009-2015. J Am Coll Health. 2018.
47%des internes présentent des symptômes d'anxiété et 10% des idées suicidairesANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA, ISNI. Enquête santé mentale jeunes médecins. 2017. / ANEMF. Conditions de travail et de formation des étudiants en médecine. 2013.
Source principale : Luc R. La santé mentale des internes de Médecine et Chirurgie en internat toutes spécialités confondues : état des lieux de la connaissance des recours disponibles sur le territoire de la faculté de Médecine de Lille en 2019 [thèse]. Lille : Faculté de Médecine ; 2019.

Pourquoi les internes n'osent pas demander d'aide

De multiples barrières — personnelles, institutionnelles et culturelles — empêchent les internes de solliciter un soutien psychologique.

Barrières personnelles

Préférence pour l’autonomie

Les déterminants personnels tels que la préférence pour l’auto-gestion de la santé mentale et les attitudes négatives envers l’aide professionnelle constituent des freins majeurs.

Fieulaine N, et al. Identifying Barriers to Mental Health Help-Seeking in French University Students during the Covid-19 Pandemic. Open J Med Psychol. 2022.

Stigmatisation et surmédicalisation

Les difficultés des internes sont souvent méconnues ou sous-estimées, entraînant une surmédicalisation voire une stigmatisation, avec un retard à l’identification du problème.

CME AP-HP, Comité des internes. Rapport Internes en difficulté. 2018.

Barrières institutionnelles

Manque de temps

Le manque de temps est le frein le plus fréquemment cité par les internes pour ne pas consulter.

Saunders EC, et al. Self-Reported Preferences for Help-Seeking and Barriers to Using Mental Health Supports Among Internal Medicine Residents. JMIR Form Res. 2021.

Manque de confidentialité

La confidentialité apparaît comme un frein majeur, très souvent exprimé par les internes comme condition essentielle à toute démarche de soutien.

CME AP-HP, Comité des internes. Groupe des internes en difficulté. 2018.

Peur pour la carrière

La crainte des conséquences sur les perspectives de carrière en cas de divulgation d’un problème de santé mentale constitue un obstacle majeur.

Fox F, et al. Trainee doctors’ views on mental illness among their peers and access to support services. Cronfa. 2019.

Isolement et autoprescription

L’isolement toxique conduit certains internes à l’autoprescription de traitements, évitant ainsi toute démarche officielle de soutien.

ISNI. Le statut de l’interne.

Des dispositifs qui changent la donne

Plusieurs initiatives lyonnaises offrent un accompagnement adapté aux internes en souffrance.

Dispositif pair-aidant

T.a.Bou — Soutien par et pour les internes

Dispositif de soutien géré par et pour les internes en médecine de la subdivision lyonnaise, en partenariat avec le réseau Aide aux Soignants d’Auvergne Rhône-Alpes (ASRA). L’interne peut décrire sa situation par mail pour convenir d’un rappel, ou appeler de façon anonyme l’ASRA.

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Centre de soins

Le 102 — Centre de santé mentale étudiante

Ouvert en janvier 2025 dans le 7e arrondissement de Lyon par la ComUE Université de Lyon. Le 102 propose des entretiens individuels, ateliers collectifs, consultations avec médecins, psychiatres, psychologues et infirmière, ainsi qu’une réorientation vers des structures appropriées si nécessaire.

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Recherche

Étude PAESSM — Pair-aidance étudiante

L’étude PAESSM vise à évaluer l’impact de la pair-aidance étudiante — par la présence d’internes référents formés aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) — sur la santé mentale et le bien-être global des internes de première année de la subdivision de Lyon.

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Synthèse visuelle

Affiche — Pourquoi les internes en médecine hésitent-ils à demander de l'aide psychologique

Références

Sources citées selon la norme Vancouver.

1
Luc R. La santé mentale des internes de Médecine et Chirurgie en internat toutes spécialités confondues : état des lieux de la connaissance des recours disponibles sur le territoire de la faculté de Médecine de Lille en 2019 [thèse]. Lille : Faculté de Médecine ; 2019.
3
Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF). Conditions de travail et de formation des étudiants en médecine, chiffres et ressentis. Paris : ANEMF ; 2013.
4
Mourgues JM, Le Breton-Lerouvillois G. Commission jeunes médecins — section santé publique et démographie médicale. Paris : Ordre National des Médecins ; 2013.